Née vers – 20 av. J.-C.

Fondée par Rome vers – 20 av. J.-C., Augusta Suessionum s’établit au bord de l’Aisne sur une zone non inondable. Même si on ignore tout de l’emplacement du forum et des temples, les sites du théâtre romain ou du château d’Albâtre suffisent pour rappeler l’importance de cette cité à l’époque gallo-romaine.

 

Sur le tombeau de Saint-Médard.

La ville mérovingienne met en scène la rive droite de l’Aisne où s’élève la puissante abbaye royale de Saint-Médard, lieu de pèlerinage autour des sépultures de Médard, évêque de Noyon, et de Clotaire et Sigebert, fils et petit-fils de Clovis.

 

D’un mur à l’autre.

Au Moyen-Age, la ville s’organise autour du quartier cathédral auquel s’oppose géographiquement le pouvoir comtal qui siège dans le château fort de la ville (emplacement de l’actuel Hôtel de Ville). Les murailles médiévales sont remplacées au XVI e siècle, sous les ordres de l’amiral Coligny, gouverneur d’Ile-de-France, par une nouvelle enceinte bastionnée qui inclut dans son tracé l’abbaye Saint-Jean-desVignes.

 

Capitale de généralité.

Devenue capitale provinciale sous Henri IV (1495), la ville s’équipe d’un bailliage présidial puis d’un nouvel Hôtel de Ville qui entraînent la construction ou la rénovation d’hôtels particuliers autour de la Grand Place. La vocation administrative au nord de la ville se confirme lorsque s’élève au XVIII e siècle le Palais de l’Intendance (actuel Hôtel de Ville) sur les bords de l’Aisne.

 

Au-delà des remparts.

La destruction des remparts à la fin du XIXe siècle permet à de riches propriétaires d’élever d’importantes demeures urbaines sur de vastes parcelles (boulevard Jeanne d’Arc, boulevard Pasteur). A partir de 1863, la ville s’ouvre sur un nouveau quartier à l’est, autour de la gare reliant Soissons à Paris. A quelques pas de là, la place de la République est le reflet du monde affairiste du XIXe siècle.

 

“ Soissons renaîtra ”.

Ce sont les mots du maire en 1919. Située sur la ligne de front pendant plus de 30 mois, Soissons est une ville ruinée après la Première Guerre mondiale. 80 % du centre ville est détruit. Un vaste programme de reconstruction s’attache à remodeler la voirie, créer des espaces verts et reloger les habitants. Le quartier SaintCrépin est dessiné mais ne sera loti que dans les années 60.

 

Au nom des Suessions.

Soissons doit son nom au puissant peuple gaulois belge “les Suessions” cité dans la Guerre des Gaules de Jules César. A l’époque augustéenne, les sites gaulois de Pommiers et de Villeneuve-Saint-Germain sont abandonnés vers -20 avant J. C. pour la création de la très romaine Augusta Suessionum.

 

Un centre de commandement.

Au III e siècle, la ville offre l’aspect d’un puissant noyau fortifié qui est l’un des derniers bastions du commandement romain de la Gaule du Nord face à la menace des francs saliens. Le général romain Syagrius maintient l’autorité de Rome à Soissons jusqu’en 486, date de sa défaite devant le jeune roi des francs : Clovis.

 

Une ville royale

Clovis garde Soissons comme capitale. La ville et le terroir de Soissons font donc partie intégrante de la royauté mérovingienne. Comme Clovis à Paris, son fils Clotaire construit à Soissons un mausolée royal, la future abbaye Saint-Médard, autour de laquelle se cristallisent les rapports entre Soissons et la famille royale. L’importance de la ville est attestée par la réunion de nombreux synodes épiscopaux et par le choix de Soissons pour le sacre de Pépin le Bref en 751 ou de Carloman en 768.